Salaire maire et adjoints : ce que gagnent vraiment les élus locaux

703,34 euros bruts par mois : c’est la somme maximale qu’un maire de village (moins de 500 habitants) peut toucher en indemnité. À l’autre bout du spectre, celui d’une ville dépassant 100 000 habitants peut prétendre à 5 635,63 euros bruts mensuels. Ce barème, découpé par la loi, dépend autant de la population que des responsabilités du poste, mais rien n’empêche le conseil municipal d’y apposer son propre curseur, souvent à la baisse.

Les adjoints suivent un régime similaire avec un plafond généralement réduit de moitié par rapport au maire. Certains élus choisissent de réduire, voire de refuser une partie de leur indemnité. D’autres, en cumulant les fonctions, voient leur enveloppe évoluer. Le paysage des revenus d’élus locaux se dessine donc à coups de règles, d’exceptions et de choix personnels.

Ce que dit la loi sur les indemnités des maires et adjoints : comprendre le cadre et les principes

Le Code général des collectivités territoriales ne laisse aucune place à l’improvisation concernant les indemnités de fonction des élus locaux. Pas de salaire classique ici, mais une compensation ajustée à la taille de la commune, à la fonction exercée et à la décision du conseil municipal.

Le plafond maximal, appelé indemnité maximale allouée, dépend du nombre d’habitants. La loi prévoit une grille détaillée, qui distingue notamment les chefs-lieux de département ou les communes touristiques. Par un simple vote, le conseil municipal peut tout à fait décider d’attribuer un montant inférieur à ce maximum. Les adjoints et conseillers municipaux peuvent aussi percevoir des indemnités, mais dans des proportions plus modestes et à condition que l’enveloppe indemnitaire globale le permette.

La somme réellement touchée est amputée par les cotisations sociales obligatoires, ce qui réduit d’autant la rémunération nette. Si un élu cumule plusieurs mandats exécutifs, il se frotte au plafond de cumul d’indemnités : impossible de dépasser un certain seuil de revenus publics, la règle est posée pour limiter les abus.

Deux dispositifs spécifiques viennent compléter ce cadre : la dotation particulière élu local, qui allège les charges des élus des petites communes, et la fraction représentative des frais d’emploi, destinée à rembourser certains frais professionnels, sans passer par l’impôt. À l’horizon décembre 2025, une réforme se prépare : la structure même de ces indemnités pourrait évoluer, juste avant les élections municipales 2026.

Deux adjoints municipaux discutant devant la mairie

Combien gagnent réellement les élus locaux selon la taille de la commune et les spécificités de leur mandat ?

Le montant des indemnités des élus locaux reflète la diversité des territoires et des missions. Le salaire du maire, ou plutôt son indemnité, varie selon la population couverte. Voici comment la loi trace la frontière entre chaque catégorie :

  • Dans une commune de moins de 500 habitants, le maire peut percevoir jusqu’à 1 667,44 euros bruts par mois.
  • Si la population atteint entre 1 000 et 3 499 habitants, le plafond grimpe à 2 128,83 euros bruts.
  • Pour une ville de 10 000 à 19 999 habitants, le montant maximal s’élève à 4 257,55 euros bruts.
  • Dans les grandes agglomérations, la limite atteint 5 929,63 euros bruts mensuels.

Les adjoints suivent la même logique, mais avec des plafonds moindres :

  • Dans une commune de moins de 500 habitants, leur indemnité ne peut dépasser 666,78 euros bruts par mois.
  • Dans les grandes villes, la limite pour un adjoint se fixe à 2 672,34 euros bruts.

Dans tous les cas, ces chiffres restent indicatifs : le conseil municipal conserve la main et peut choisir de réduire ces montants selon la situation financière de la commune ou les préférences collectives.

Pour la plupart des conseillers municipaux, aucune indemnité n’est prévue, sauf en cas de délégation précise. C’est donc la fonction, et parfois la mission confiée, qui fait la différence.

Un autre paramètre vient encore nuancer l’équation : la spécificité du mandat. Un maire cumulant un autre poste exécutif, président de département, de région, ou mandat parlementaire, doit respecter le plafond de cumul fixé à 8 724,97 euros bruts mensuels. Les cotisations sociales, elles, grignotent la somme nette réellement perçue.

Le salaire des maires et adjoints, au final, traduit un équilibre délicat : valoriser l’engagement public, sans jamais perdre de vue l’exigence d’exemplarité. Entre reconnaissance, contraintes et devoir de transparence, la rémunération des élus locaux s’écrit à la frontière du service et de la responsabilité. La prochaine réforme pourrait bien rebattre les cartes, alors que les regards se tournent déjà vers les municipales de 2026.

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