En 2025, l’interdiction de certains modèles diesel et essence, vendus avant 2011, va bouleverser la circulation dans de nombreuses grandes villes françaises. Les normes environnementales s’imposent, et des marques emblématiques voient une partie de leurs modèles mis sur la touche.
Si les véhicules de collection et certains professionnels pourront encore circuler grâce à des dérogations spécifiques, la liste des voitures visées ne cesse de s’étendre. Les propriétaires, eux, doivent composer avec la valse des zones à faibles émissions, qui évoluent sans cesse et compliquent le suivi des règles.
Ce qui change en 2025 : les nouvelles règles pour circuler en voiture
Les zones à faibles émissions (ZFE) gagnent du terrain dans les métropoles françaises les plus peuplées. À partir de 2025, impossible d’y couper : Paris, Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Grenoble, Nice, Montpellier, Strasbourg, Rouen, Toulon et le Grand Paris appliquent des restrictions plus strictes. Dans chacune de ces villes, les véhicules les plus polluants s’effacent progressivement du paysage urbain sous menace d’amende.
Qui est réellement concerné ? Les voitures classées Crit’Air 4, 5 ou non classées,c’est-à-dire la vaste majorité des diesels sortis avant 2011 et des essences plus anciens que 2006,se retrouvent exclues de la circulation. Désormais, plus question d’échapper à la norme Euro 6 pour circuler librement. Chaque échéance de la réglementation resserre un peu plus l’étau autour des modèles vieillissants. Pour les automobilistes, la seule façon d’avoir le cœur net est de vérifier sur le site officiel Crit’Air où en est leur véhicule.
Pour distinguer rapidement les principales catégories touchées, voici comment les restrictions s’appliquent :
- Diesel : exclus pour tout modèle ne répondant pas à la norme Euro 5 (avant 2011).
- Essence : ciblés s’ils précèdent la norme Euro 4 (avant 2006).
Toutes ces mesures découlent de la loi climat et de la réglementation dite « café 2025 ». Objectif : faire tomber la courbe des émissions de particules fines et dégager l’horizon pour les citadins. Les contrôles se généralisent avec l’arrivée des caméras et des systèmes automatisés de lecture de plaques, une véritable traque pour ceux qui tenteraient de passer entre les gouttes. Entre exemptions professionnelles, nuances locales, et liste de communes qui évolue sans relâche, la situation devient vite déroutante pour le conducteur lambda. Et ceux dont la vieille diesel brûle encore sur le chemin du travail voient désormais l’horizon se refermer : la transition vers une auto hybride ou électrique devient quasi inévitable pour qui veut continuer à rouler sans contrainte en centre-ville.
Pourquoi certaines voitures seront interdites de circulation ?
Dans les agglomérations, l’air ne s’alourdit pas par hasard. Les particules fines issues des anciens diesel et moteurs essence s’infiltrent partout, aggravant asthme et maladies respiratoires. D’après le ministère de la Transition écologique, la circulation automobile reste le principal responsable de la pollution atmosphérique urbaine. Devant cette réalité, durcir l’accès des vieux véhicules aux centres-villes est devenu inévitable.
Ce sont donc d’abord les Crit’Air 4, 5 et non classés qui passent à la trappe. Leur moteur fonctionne la plupart du temps sans catalyseur dernier cri ni filtre à particules performant ; ils éjectent des doses élevées de NOx et de résidus toxiques redoutés, tous reconnus aujourd’hui pour leur potentiel cancérigène selon l’OMS. Cette mutation s’inscrit dans la trajectoire de neutralité carbone visée à l’horizon 2050.
Derrière les discussions autour des ZFE et de la loi climat, la stratégie s’affiche clairement : laisser la route libre uniquement aux voitures les plus récentes et aux moteurs affichant le moins d’impact sur l’environnement. Au-delà de la qualité de l’air, il s’agit aussi d’aiguillonner l’industrie automobile à réinventer ses modèles et à soutenir l’émergence des alternatives plus propres.
Marques et modèles concernés : la liste des véhicules impactés
Le couperet est net pour des centaines de milliers de propriétaires. Les premiers touchés ? Les diesels mis en circulation avant 2011 et les essences plus vieux que 2006, ces véhicules repérés par leur Crit’Air dépassé ou leur absence sur la liste officielle. À Paris, Marseille, Lyon, Strasbourg, et ailleurs, des quartiers entiers deviennent inaccessibles à ces véhicules, et la surface des zones interdites s’étend année après année.
Les constructeurs français ne seront pas épargnés. Les Clio II diesel, Mégane I ou Scenic première génération de chez Renault disparaîtront des grandes artères. Pareil pour les Peugeot 206, 307 diesel ou les anciennes Citroën C3 et Xsara. Du côté des marques étrangères, les Opel Astra et Ford Fiesta diesel, Fiat Punto antérieures à la décennie 2010, rejoignent la liste. Les amateurs de Volkswagen Golf IV, Audi A3 premières générations, Mercedes Classe A ou C diesel devront eux aussi envisager d’autres options.
Chez les constructeurs asiatiques, les Toyota Corolla ou Yaris diesel fabriquées avant 2011, les Kia Rio, les Hyundai Getz anciennes générations figurent également parmi les modèles écartés. Même chez Volvo, Lexus et DS, certains SUV familiaux à moteur diesel ne franchiront plus la barrière des ZFE si leur date d’immatriculation les trahit.
Pour illustrer concrètement, voici quelques modèles fréquemment sur la sellette :
- Renault : Clio II, Mégane I, Scenic I diesel
- Peugeot : 206, 307, Partner diesel
- Citroën : C3, Xsara, Berlingo diesel
- Volkswagen : Golf IV, Polo III diesel
- Opel : Astra G, Corsa C diesel
- Ford : Fiesta IV, Focus I diesel
- Toyota : Corolla, Yaris diesel (avant 2011)
Des modèles grand public, autrefois rois de la route, font désormais figure de témoins d’une époque révolue. Les rues des centres-villes changent de décor et les automobilistes s’ajustent à une réglementation en mouvement.
Que faire si votre voiture est sur la sellette ? Solutions et ressources utiles
Pour ceux dont le véhicule est concerné, mieux vaut anticiper. Plusieurs alternatives existent pour continuer de circuler sans se retrouver sanctionné. La prime à la conversion reste accessible et s’avère un moyen concret de remplacer son ancien modèle : le montant varie selon la situation du foyer et la commune de résidence, avec parfois un bonus local dans certaines grandes villes en plus du forfait national.
Acheter une voiture d’occasion récente,homologuée Crit’Air 1 ou 2, permet aussi de s’adapter sans forcément exploser son budget. Des plateformes spécialisées recensent les bons plans ; certains réseaux orientent aussi les automobilistes vers des modèles conformes à la nouvelle réglementation. Pour ceux qui souhaitent éviter l’achat, l’option autopartage ou covoiturage séduit par sa souplesse et s’intègre facilement à la vie urbaine, tout en déjouant les nouvelles restrictions.
D’autres alternatives existent pour limiter sa dépendance à la voiture individuelle : transports en commun, vélo, trottinette ou marche, tout devient bon pour continuer à circuler. Avec l’essor du télétravail, certains trajets disparaissent tout simplement du quotidien. Pour obtenir la liste complète des aides, connaître les démarches, et vérifier quels véhicules sont acceptés dans votre commune, les sites publics d’information et les services des collectivités constituent votre ressource la plus fiable. À noter : l’amende pour non-respect des règles grimpe à 68 euros, et en cas de récidive, c’est parfois le véhicule lui-même qui reste sur place !
Gardez en tête quelques réflexes pour ne pas subir la prochaine bascule :
- Examinez votre dossier pour voir si vous pouvez bénéficier d’une prime à la conversion.
- Informez-vous auprès de votre mairie ou des plateformes locales sur les éventuelles aides supplémentaires accessibles.
- Passez en revue les offres de mobilité alternative disponibles près de chez vous (autopartage, transports collectifs, vélo en libre-service).
En 2025, le visage de la voiture en ville s’apprête à changer violemment. Certaines silhouettes familières quitteront le bitume des centres-villes. Difficile de savoir qui, de la nostalgie ou de la créativité, prendra le dessus, mais une chose est sûre : conduire ne signifiera plus tout à fait la même chose.


